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Entière comme sa peinture, Laetitia couvre l’ensemble de son support jusqu’à ce que le papier, le carton ou la toile deviennent la limite de son imaginaire. Plus rien ne déborde si ce n’est son énergie. Mais si Laetitia laisse jaillir cette pulsion de vie, c’est peut être pour mieux la maîtriser ? Peindre encore et toujours. Pour rejoindre un idéal, un fantasme, ou peut-être pour se rejoindre elle-même ? Peindre encore et toujours pour aller jusqu’au bout… bout de quoi ? Laetitia recommence. Encore et toujours se relever. Encore et toujours aller plus loin. Encore et toujours ressentir, plus fort… Laetitia s’acharne. Elle tente de capter, de dompter cette vie qui s’échappe… Pour mieux la gouter, encore, encore sans tempérance, Encore et toujours. Pourvu que de cette lutte surgit, parfois, l’étincelle nécessaire, indispensable, Cette atome de plaisir, cette fraction d’humanité, sans quoi rien ne servirait de se relever, Encore et toujours. Mais comment rationnaliser l’insaisissable, circonscrire l’infini, encore et toujours ? Texte de Lydia Hartweg
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